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Après deux semaines de vacances, les lycéens français reprennent jeudi leur mouvement contre la réforme du lycée, renforcés par le report d'un an obtenu avant la trêve de Noël grâce à leurs actions. Cette mobilisation, qui coïncide avec le début des concertations entamées cette semaine par le ministre de l'Education Xavier Darcos, devrait se traduire par des blocages, rassemblements et manifestations à Paris et partout en France, à l'appel des deux principales organisations de lycéens. Le mouvement ouvre un mois de Janvier qui promet d'être turbulent dans l'Education nationale.

Les syndicats d'enseignants, des organisations lycéennes et de parents d'élèves ont prévu une nouvelle manifestation le 17 Janvier, principalement contre les 13.500 suppressions de postes annoncées pour 2009, tandis que les syndicats du secteur se sont joints à l'appel interprofessionnel à la grève le 29 Janvier. Après les mouvements massifs de novembre et décembre derniers, qui ont vu des dizaines de milliers de lycéens descendre dans la rue, la journée de jeudi sera un révélateur de la mobilisation dans les lycées et pourrait augurer de longues semaines de conflit avec le ministère.

Marie Nunef, responsable de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl), qui n'appelle pas aux blocages des lycées : "Ce sera plus fort qu'en décembre". Et de souligner : "On est en plus dans un contexte particulier, avec les salariés qui sont eux aussi assez mécontents, donc ça peut durer".

Malgré le report de la réforme par Xavier Darcos, les organisations de lycéens exigent toujours le retrait du texte et l'ouverture d'un dialogue, mais conditionnent la négociation à l'abandon des mesures d'économie annoncées par le ministre. Lucie Bousser, présidente de l'Union nationale lycéenne (UNL), prévient ainsi : "Le préalable au retour à la discussion - parce qu'il faut une réforme du lycée, qui ne fonctionne pas bien - c'est de revenir sur les suppressions de postes".

"Un vrai changement de ton"

Attentifs au mouvement lycéen, les syndicats d'enseignants envisagent, eux aussi, une importante contestation dès leur premier rendez-vous, le 17 janvier, et ne s'interdisent aucune action entre cette date et l'appel à la mobilisation interprofessionnelle du 29 Janvier. Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, a déclaré : "On peut aussi imaginer des suites et dans l'Education d'autant plus aisément que les mesures sur la carte scolaire vont avoir, d'ici au printemps, des retombées sur le terrain".

Sans nourrir l'espoir qu'il puisse revenir sur les suppressions de postes "qui ne dépendent pas de lui mais de plus haut", explique-t-il en faisant allusion à Nicolas Sarkozy, le dirigeant du premier syndicat de la Fonction publique veut néanmoins croire à des gestes de la part de Xavier Darcos. A propos du ministre de l'Education, qui a donné des signes d'inflexion en reportant la réforme et en renonçant à poursuivre les maires qui n'avaient pas appliqué le service minimum d'accueil à l'école, il note : "Il y a eu un vrai changement de ton". Gérard Aschieri suggère : "On a le sentiment que le ministre cherche des gestes à faire. Il peut y en avoir sur les Rased (dispositifs d'aide aux élèves en difficulté, ndlr), sur des solutions de gestion pour atténuer les effets des suppressions de postes, et bien sûr sur la revalorisation du métier".

Selon lui, la concertation "très large" que le ministère dit avoir engagée avec tous les acteurs de l'Education sur la réforme du lycée n'en est en revanche qu'à ses balbutiements et aux prises de contact informelles. Les organisations de lycéens ont, pour leur part, dit n'avoir pas été invités.

Fin décembre sur Canal+, Xavier Darcos s'était dit "persuadé" de trouver "des voies de dialogue" et avait estimé, devant les craintes exprimées par les lycéens, qu'il fallait "repartir à zéro". La concertation pourrait préfigurer des "états généraux" de l'Education, que le ministre avait évoqués avant les vacances de Noël. S'il n'a pas renouvelé cette formulation, son cabinet explique qu'à l'issue des discussions, on "peut imaginer quelque chose de national qui rassemble" les acteurs concernés.

Par Xavier - Publié dans : Actualité
Jeudi 8 janvier 2009

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